Piano solo
Guérinel, Lucien
12 micro-études pour piano (1990)
Chants, Espaces pour 2 pianos (1985-1991)
Chemins de ronde pour piano (1998 - 2008)
Dans le vif de l'instant pour piano (1998)
Deux études pour piano (1 - Gravitations ; 2 - Focales) (1982)
Deux petites pièces pour piano (1995)
Huit préludes pour piano (1995)
Inscription pour Maurice Ohana pour piano à quatre mains (1987)
Jeu mémoire pour piano (2000)
Pour un enfant et un piano 8 pièces pour piano (1975)
Songe, mouvement pour piano (1993)
Musique de chambre pour piano solo
Guérinel, Lucien
L'eau des songes pour piano, clarinette et percussion (2008)
Musique de chambre avec piano(s)
Guérinel, Lucien
Sonate pour violon et piano (1995)
Trio n°1 pour violon, violoncelle et piano (1990)
Trio n°2 pour violon, violoncelle et piano (2003)
Guérinel, Lucien
Pour un enfant et un piano 8 pièces pour piano (1975)
Deux études pour piano (1 - Gravitations ; 2 - Focales) (1982)
Inscription pour Maurice Ohana pour piano à quatre mains (1987)
12 micro-études pour piano (1990)
Trio n°1 pour violon, violoncelle et piano (1990)
Chants, Espaces pour 2 pianos (1991)
Songe, mouvement pour piano (1993)
Deux petites pièces pour piano (1995)
Huit préludes pour piano (1995)
Sonate pour violon et piano (1995)
Dans le vif de l'instant pour piano (1998)
Jeu mémoire pour piano (2000)
Trio n°2 pour violon, violoncelle et piano (2003)
Chemins de ronde pour piano (2008)
L'eau des songes pour piano, clarinette et percussion (2008)
Années 1970
Guérinel, Lucien
Pour un enfant et un piano 8 pièces pour piano (1975)
Années 1980
Guérinel, Lucien
Deux études pour piano (1 - Gravitations ; 2 - Focales) (1982)
Inscription pour Maurice Ohana pour piano à quatre mains (1987)
Années 1990
Guérinel, Lucien
12 micro-études pour piano (1990)
Chants, Espaces pour 2 pianos (1985-1991)
Dans le vif de l'instant pour piano (1998)
Deux petites pièces pour piano (1995)
Huit préludes pour piano (1995)
Sonate pour violon et piano (1995)
Songe, mouvement pour piano (1993)
Trio n°1 pour violon, violoncelle et piano (1990)
Années 2000
Guérinel, Lucien
Chemins de ronde pour piano (1998 - 2008)
Jeu mémoire pour piano (2000)
L'eau des songes pour piano, clarinette et percussion (2008)
Trio n°2 pour violon, violoncelle et piano (2003)
Variable
Guérinel, Lucien
L'eau des songes pour piano, clarinette et percussion (2008)
Trio n°2 pour violon, violoncelle et piano (2003)
Moins de 5 minutes
Guérinel, Lucien
Deux petites pièces pour piano (1995)
Inscription pour Maurice Ohana pour piano à quatre mains (1987)
Jeu mémoire pour piano (2000)
5 à 10 minutes
Guérinel, Lucien
Dans le vif de l'instant pour piano (1998)
Deux études pour piano (1 - Gravitations ; 2 - Focales) (1982)
10 à 20 minutes
Guérinel, Lucien
12 micro-études pour piano (1990)
Huit préludes pour piano (1995)
Pour un enfant et un piano 8 pièces pour piano (1975)
Sonate pour violon et piano (1995)
Songe, mouvement pour piano (1993)
Trio n°1 pour violon, violoncelle et piano (1990)
20 à 30 minutes
Guérinel, Lucien
Chants, Espaces pour 2 pianos (1985-1991)
Chemins de ronde pour piano (1998 - 2008)
concernée(s)
concerné(s)
Le piano de lumière
Parution : 2017
Le clavier de lumière
C’est ce dont avait rêvé Scriabine, mais sans la métaphore, puisque lui désirait vraiment des jeux de lumière autour de sa musique, pour aller encore plus loin.
Mais le piano a tant apporté au cœur et à l’esprit des hommes qu’on ne lui a jamais souhaité de superlatif. Il est comme un roi sans domaine circonscrit…
Rien ne l’a encore mis en pièce, ni même détourné, y compris dans ces tentatives, parfois ingénieuses donc heureuses, qui sont apparues dès le début du 20ème siècle, et qui ont seulement extrait quelque minerai originel. Le hammerklavier a résisté, et le sens technique du monde lui a apporté des perfectionnements mérités et quelques jaillissements de sources neuves.
Il est le seul instrument que j’ai pratiqué, hors des conservatoires, mais avec assez d’assiduité pour parvenir, un jour, dans les années cinquante, à jouer un concerto, sur une scène, avec mon dernier professeur. Aujourd’hui, il ne m’en reste plus rien. Et, par ailleurs, j’ai toujours éprouvé une crainte assez forte pour que je m’abstienne d’écrire pour lui, au point de ne le faire que vers mes cinquante ans ! Ce n’est vraiment qu’avec "Chants, Espaces", pour deux pianos (1985-1991) que j’ai pris le courage d’y aller (1). Cette abstention, je la dois simplement à l’apparition de tout ce qui a été écrit pour l’instrument au cours du 20ème siècle : que faire encore ? Et j’en serais resté là si je n’avais fait l’acquisition au début des années quatre-vingts d’un Pleyel demi-queue datant des années trente, et quel piano ! Et comme le concerto dont je viens de parler avait été joué sur un quart Pleyel des années quatorze-dix-huit, je confesse ici ma tendresse pour cette marque. La fidélité a toujours raison.
Donc, devant un clavier aussi généreux, j’ai pensé que je pouvais m’envoler, à ma façon, sans penser à autre chose. J’ai aujourd’hui une douzaine d’œuvres qui ont pu faire un enregistrement de deux CD. Ce n’est pas un corps très important, certes, mais on peut tout de même y déceler ce qui m’a intéressé : sans retour, même sur la proximité historique, aller librement dans mon petit jardin, sans, également, ensevelir la mémoire, pour espérer un siège, comme on dit ailleurs, qui soit le mien. Je ne lève pas le doigt… Un jour de 1993, après un concours de composition où je n’avais rien obtenu, Gilbert Amy s’avance vers moi et me dit : « Vous avez une écriture lisztienne et je vous assure que ce n’est pas une réserve. Vous voyant déçu, je vous recommande de ne pas l’être après que vous soyez parvenu en finale d’un concours qui a recruté soixante candidats ! » Un gentleman, dans la foule.
La place que j’accorde au piano dans ce que j’ai pu écrire est égalitaire, car j’aime trop la musique pour ne pas l’aimer dans chacun de ses modes d’expression. Mais au regard de ma longue abstention devant le clavier, je suis simplement heureux d’être parvenu à ces quelques pièces où l’enfant a la même attention (et intention) que l’adulte. Voilà, à tout le moins, un arpent de liberté.
Tout ce qui est nommé pédagogique, études donc, reste dans la mouvance historique, aux justes proportions qui demeurent… Le but reste le même, toujours, toujours apprendre. Mais avec l’instrument, apprendre est toujours jouer. Maître-mot. Je crois jouer, sans règles d’ailleurs, mais avec une discipline enjouée, oui. Même les "Petites pièces pour enfant", qui n’ont rien d’élémentaire, restent de petits jeux, soit qu’on parvienne à les réaliser sur le clavier, soit qu’on les écoute (si l’on vient à poser, pour une fois, le portable).
Le Prélude, immémorial, reste ce qu’il est, sinon on le nomme autrement. Il a poursuivi sa (bonne) route à travers tout le vingtième siècle, et nous y avons tous entendu de petits chefs d’œuvre. J’aime particulièrement cet espace bref, où l’on ne risque pas de se redire, mais qui garde, dans son essence, tous les pouvoirs d’une séduction, je veux dire d’une émotion, d’une rêverie, d’un mouvement même.
Deux œuvres plus larges : "Songe, Mouvement", qui suggère par son titre les deux grands aspects de la vie et qui va donc faire alterner des épisodes nécessairement contrastés, qui peuvent donc être écoutés comme un jeu de constructions sonores, alternatives, mais jointes dans leur contigüité volontaire. Il n’y a pas de mouvements séparés, comme dans la sonate, mais un seul chemin avec ses aventures ; Beethoven y avait déjà bien songé, dans certaines de ses sonates même ! "Quid novi" ?
"Chants, Espaces", pour deux pianos, qui a donc été ma petite sonnerie de rappel (à 55 ans !) et que j’ai écrit dans le feu, tant cet espace du « deux-pianos » m’avait toujours fasciné, dans le peu d’œuvres qu’on nous propose… Mon interprète, Jean-Louis Roblin, m’a avoué qu’il y cherchait le « chant »… Il ne sera pas le seul, je le reconnais d’avance. Mais, sous ma (fausse) robe d’avocat j’ai tenté de lui montrer qu’il y avait bien du chant, des chants, certes pas dans le suave déroulement qui revient à l’expression du lied (que j’aime tant) mais avec des traits de dessinateur, qui commencent sans finir, qui fuient, qui s’égarent (apparemment tout de même), mais qui font qu’on achète ce dessin parce qu’il plaît à l’œil, c’est à dire au cœur. Je m’empresse de dire que je ne prétends pas à plaire, par ce biais-là, mais que mes « traits » y sont bien. Et puis, Jean-Louis Roblin répond de lui-même sur le clavier, avec son partenaire, Christophe Manien.
Deux "Inscriptions", dont j’ai précisé le sens, tout simple d’ailleurs, d’inscription sur le marbre d’une tombe. Maurice Ohana tout d’abord, que j’ai eu le bonheur de connaître intimement, et qui m’a laissé son empreinte d’homme et de créateur ; puis, plus tard, Debussy parce que, en dépit de quelques traits de caractère et de quelques mots qu’il a laissé échapper, son œuvre est exceptionnellement indiscutable : alors j’ai osé cette inscription, parce que je n’ai distingué nulle part de sens interdit.
"Chemins de ronde" en trois parties, de 1998, la troisième partie ayant été ajoutée plus tard (2008) :
« dans le vif de l’instant », à caractère rhapsodique, sort littéralement des profondeurs du clavier pour se terminer dans l’extrême-aigu, en passant par divers épisodes , comme ceux d’un récit littéraire dont l’instant, à vif, nourrit une possible histoire.
« Focales et Foucades », évidente allitération qui annonce le caractère sinon brutal du moins enjoué, nerveux, comme d’une marionnette, gardant raison cependant, car en musique raison s’impose à chaque instant.
« Mélodie », ce titre devenu épouvantail, pour une pièce ajoutée dix ans plus tard ! Pourquoi un tel titre pour ce qui clôt un cycle de surcroît ? Et, d’ailleurs, aux abords de l’enregistrement, j’avais décidé de retirer cet ajout. Jean-Louis Roblin me l’a … interdit. Et sa conviction (celle du fils l’emportant sur celle du père !) a été telle que j’ai obéi. Je tiens à ce genre de petite histoire, qu’on ne raconte jamais, parce qu’elle est confondante. Et cette gageure de faire finir une suite par un mouvement qui apparaîtrait comme de l’anti-piano (mélodie non accompagnée que seule la pédale tonale nimbe parfois) a finalement été tenue ; je laisse écouter un auditeur passant par là et par hasard ce que mon jeune partenaire "dit".
"Jeu-Mémoire" (2001) pièce pour un concours, japonais, qui s’enlisa avant l’heure (sic), qui devait « reposer » sur un brin de Bach. Ce brin, je l’y avais mis, mais il reste bien caché tout de même (fugue XX du 2ème livre du "Clavecin bien tempéré") pour laisser aller le piano (reconnaissant toutefois) à des engagements plus modernes.
"Quatre pièces vraiment petites" (2013), pour finir (?) sur la pointe des …doigts. Titres : Fantasque – Folâtre – Feuillet – Finale. Encore du jeu. De petits jeux, pour remercier mon accordeur, Philippe Rauzy, que j’aime beaucoup et qui me le rend bien.
Le piano, je l’aime tout d’abord parce que ma mère en jouait, et fort bien, et qu’ensuite je l’ai travaillé avec une Russe, de ces Russes ayant fui la Révolution d’octobre (1917) en échouant une partie de leur flotte de guerre dans l’avant-port de Bizerte (où j’ai vécu depuis 1932, à peine quinze ans plus tard, au point d’avoir vu encore quelques restes de navires surnager…). Alors cette Russe, sexagénaire à l’époque, je l’ai aimée de tout mon cœur (j’ai pu la revoir en France, alors qu’elle avait près de cent ans, il n’y a pas si longtemps que cela !) et j’ai aimé la musique russe tout autant. C’est peut-être ça qu’on appelle le destin.
Plus tard, à Marseille, j’ai eu un autre professeur, Yvonne Studer, qui m’a amené bien plus loin. Il m’arriva de travailler huit heures par jour pour le concerto que j’ai évoqué. Dans le temps de mes études !
Deux femmes auxquelles je voue une mémoire à la fois bouleversée et enchantée.
C’est assez dire que le piano aura été le miracle de ma vie. Sans lui, je n’aurais jamais composé. Et s’il m’a fait tant peur, si longtemps, il reste mon irremplaçable compagnon de route (« Objets inanimés… » !).
Ce que Prokofiev a pu faire dans son 2ème concerto nous laisse pantois : avec une petite écriture classique… Ou Schoenberg, en moins de dix mesures de son opus 19. Et tant d’autres qu’on ne joue presque jamais…
Il est grand temps qu’on se reprenne : la société se grise, en laissant passer de grands vols d’oiseaux qui, de migrateurs qu’ils pouvaient être selon les lois de la Nature, sont à présent des migrants, qu’on ne regarde même pas. Il est temps de redonner un ton à la liberté – la vraie, n’est-ce pas ?
Naturellement un mot sur le courage de Serge Thomassian, qui racheta naguère le label belge "Megadisc classics", d’avoir réalisé ce coffret …
L.G.
(1) Seules deux études et quelques préludes sont antérieurs.
Page actualisée le 31/07/2017